le 03 septembre
2007 |
Bonjour,
Je découvre votre site grâce au
surf tortueux d'un des lecteurs de mon blog
à partir de la rubrique boisson de votre
site, et notamment de l'article sur le Chouchen.
Comment cet internaute aura-t'il pu faire le
lien entre votre article et mon site, je n'en
sais strictement rien, mais je l'en félicite,
car son parcours m'aura permis de visiter vin.emotions.com
et de découvrir de nombreuses informations
forts intéressantes.
Si vous permettez quelques précisions
sur le Chouchen, bien que je ne sois pas un
spécialiste de cette boisson.
Ainsi que vous le mentionnez le Chouchen constitue
en effet l'approche Celte et Bretonne de la
production de l'hydromel avec quelques specificités
à l'origine. En effet, le miel étant
pauvre en levures indigènes, il est difficile
(mais pas impossible) de conduire une vinification
complète sur la seule base de ces levures
indigènes. Les
anciens l'ont très vite constaté,
et pour pallier à ce petit
inconvénient, avaient recours à
des levures provenant de fruits divers (moûts
de pommes, de raisins, de framboises...) qui
permettaient un démarrage rapide de la
fermentation, et qui plus est un apport aromatique
non négligeable.
Dans le cas des Bretons, vu l'abondance des
vergers et l'importance de ce fruit dans le
cadre de la symbolique Celte, les Chouchens
et dérivés étaient donc
démarrés à partir de jus
de pomme (Chouchen) et de cidre
(Chufere). Il existe des variantes d'appellation
selon les provinces Bretonnes.
Avec les travaux de Pasteur, les Bretons comme
les autres, ont découvert l'intérêt
des levures oenologiques sélectionnées,
et la plupart des hydromels Bretons aujourd'hui,
sont ensemencés avec ce type de levures.
Quant à la confusion ou à l'amalgame
: Chouchen et hydromel, il est dû en fait
à la législation Française
qui autorise seulement la désignation
d'hydromel pour les boissons à base de
miel, eau et levures oenologiques. L'ajout de
fruits est donc interdit pour cette désignation,
mais toléré dans la mesure d'une
appellation différente
(ex: un Chouchen).
La grosse différence à mes yeux
de professionnel est la suivante :
- Dans notre jargon, nous désignons sous
le terme hydromel, les
produits issus de la fermentation d'un moût
de miel obtenu à chaud (le
moût est amené à ébullition)
: cas des hydromels Bretons
- Et "vins de miel", les produits
issus de la fermentation d'un moût de
miel assemblé à froid. Ce qui
est bien plus délicat et difficile mais
qui présente le mérite de préserver
les arômes floraux des miels retenus en
vue de cette production.
Ainsi mes productions en Pays Basque correspondent
à des vins de miel bien que sur l'étiquette,
je sois contraint dans le cadre du respect de
la législation d'indiquer le terme Hydromel.
L'hydromel demeure toujours une boisson quelque
peu confidentielle sur le territoire Français,
mais on assiste depuis quelques années
à un regain d'intérêt pour
cette boisson. Vous pourrez vous donner une
idée
de l'importance de ce renouveau en consultant
sur le site Gotmead (http://www.gotmead.com/
) le nombre chaque année pus important
d'hydromellerie comme la mienne, et qui organise
chaque année un concours international
d'hydromel à Boulder (Colorado)
Voilà quelques précisions (relativement
longues, je m'en excuse), mais
le mieux pour vous serait, que vous vous en
fassiez vous-même votre opinion.
Si l'aventure vous intéresse n'hésitez
pas à me communiquer par retour de mail
une adresse ou je pourrais vous adresser un
échantillon de mes millésimes
2006 : sec ; demi-sec et doux.
Dans la mesure ou une rubrique de votre annuaire
serait consacrée aux boissons à
base de miel, ou autres, je serais heureux d'y
figurer, si votre webmaster trouve le sujet
pertinent. (N'hésitez surtout pas à
me demander des précisions sur le produit,
je me ferai une joie de vous
répondre).
Meilleures salutations
Jean
Irubetagoyena
KIRIKINO ILARGIAN SARL
Quartier kaskonkarrika
64480 - Larressore
tel/fax : 05 59 03 44 23
Mobile : 06 86 67 62 68
mail : irubetagoyena.jean@neuf.fr
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