Quelle que soit la légende, il semble que
les arbustes soient originaires de Chine, probablement
de la région située aux confins de la
Birmanie, du Nord-Viêt-Nam et du Yunnan, et
que l'habitude de consommer cette boisson se soit
d'abord développée parmi les chinois.
En Chine, sous la dynastie des Tang (618-907), la
préparation du thé devient un rite raffiné.
Le poète Lu-Yu rédige pour la première
fois un code du thé : " le Tchaking ",
dans lequel il décrit la nature de la plante,
les ustensiles nécessaires à la préparation
de la boisson, la manière de la préparer
et la façon dont il faut la boire.
Le thé est ainsi préparé : après
avoir fait rôtir un gâteau de feuilles
de thé, on le pulvérise et, dans l'eau
qui commence à bouillir, on mêle à
cette poudre un peu de sel et une cuillerée
d'eau froide " qui fixe le thé et rend
à l'eau sa jeunesse ".
Sous la dynastie des Song (960-1279) naît la
deuxième école, qui annonce par la poésie
de ses cérémonies et par l'importance
accordée au respect des règles de préparation
celle du Cha No Yu japonais. Les feuilles sont pulvérisées,
on y ajoute de l'eau et on bat le mélange en
mousse avec une verge de bambou. Le thé se
prépare encore ainsi, en décoction,
dans certaines parties du monde.
Enfin, c'est sous les Ming (1368-1644) que le thé
commence à être consommé sous
sa forme actuelle : en infusion dans un récipient.
Autre pays, autre conception du thé, le
Japon. Le thé y fait son apparition dés
le VIIe siècle mais c'est à partir
du XVe qu'il devient " une religion de l'art
de la vie ", concept zen dont l'idéal
est d'exprimer la grandeur que comportent les plus
petits actes quotidiens.
Avec le développement des relations entre
l'Orient et l'Occident, le thé est introduit
en Europe au XVIIème siècle. On trouve
cependant mention du thé dans la littérature
occidentale dès le XIIIème siècle
avec le récit de Marco Polo (1254-1323),
" Les merveilles du monde ".
La compagnie des Indes Orientales qui entretient
des relations régulières avec l'Extrême-Orient,
rapporte pour la première fois du thé
par bateau, en Hollande en 1610, puis en France
et en Angleterre. En 1657, Thomas Garraway, tenancier
d'un " coffee-house " à Londres,
introduit le thé dans sa boutique.
Réservé d'abord aux princes, il est
ensuite très apprécié de tous
les beaux-esprits qui fréquentent les "
coffee-houses " bientôt baptisées
" maisons de thé ".
En France, l'introduction du thé soulève,
curieusement, de nombreuses controverses, dès
1650, dans les milieux médicaux, mais il
acquiert pourtant un degré de popularité
très haut.
Les émigrants anglais et hollandais emportent
le thé avec eux vers le nouveau monde. Ces
importations, encore rares donnent lieu à
des véritables courses de vitesse sur les
grandes routes maritimes, de la part des "
tea clippers ", voiliers légers utilisés
pour le transport du thé
les Anglais commencent à développer
des plantations en Inde, en 1834, et dans l'île
de Ceylan, en 1857.
A la fin du XIXème siècle et au début
du XXème siècle, le thé est
également implanté dans d'autres pays
d'Asie qui deviennent d'importants producteurs,
dans des pays d'Afrique Noire anglophone et, plus
récemment, en Amérique du Sud.
Le thé est aujourd'hui la première
boisson mondiale après l'eau, il s'en consomme
environ 15 000 tasses à la seconde.
Parmi les pays importateurs, l'Irlande détient
le record de consommation de thé avec 3,6
kg par an et par habitant, suivie par le Royaume-Uni
avec 3,15 kg.
Les pays producteurs de thé par ordre d'importance,
en pourcentage de la production mondiale : Inde
(34%), Chine (19%), Sri Lanka (11%), Kenya (10%),
Japon (6%), Bangladesh (5%), Indonésie (5%),
Turquie (2%), Iran (1%), Argentine (1%), Malawi
(1%), Taiwan (1%), Georgie (1%), Mozambique (1%).
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